28.02.2008

sélections de la semaine ***

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" Je m'appelle Marilyn " une pièce de Yonnick Flot, mise en scène par Smaïn au Théâtre des Variétés : 7 bd Montmartre 75002 Paris - Loc. 01 42 33 09 92 avec Virginie Stevenoot.

Marilyn, éternel fantasme des hommes : la poupée au corps parfait, à la chevelure platine, femme-enfant et vamp tout à la fois ! Même les gays en sont fous ...
Nous allons découvrir un lit blanc d'hôpital au pied duquel une poupée conforme à l'original est posée, dérisoire réplique muette, en réduction.
Dans l'intervalle Radio Luxembourg a annoncé la mort de Kennedy nous sommes par conséquent en 1963.
Le personnage au physique reconnaissable confirme qu'elle est bien Marilyn mais ici, personne ne veut la croire. Alors elle se raconte en une interview imaginaire, à la fois nerveuse et fragile, tour-à-tour confiante ou désespérée, rageuse aussi même, parfois. Elle a dissimulé dans un tiroir les pilules qu'elle est censée prendre car elle s'y refuse encore en un sursaut d'indépendance, et puis quand elle se shoote c'est à l'amour, non aux médicaments enfin ... plus maintenant !
Pour calmer sa paranoïa galopante, elle se raconte, avance des preuves, évoque ses anciens amants qui furent nombreux, mais comment aurait-il pu en être autrement ?
Les ombres de Clark Gable (qu'elle surnommait : Daddy), celle de Marlon Brando, de Sinatra, de ? ... vous savez bien, l'acteur-chanteur français ! ... d' Arthur Miller, sans oublier les frères non pas Karamazov mais Kennedy passent en une ronde que même Schnitzler n'aurait osé imaginer.
Pour réaliser son rêve : égaler Garbo, elle était prête à tout et puis quand on y pense, " le sexe, quel merveilleux moyen d'expression ! " Tant pis pour ceux qui croient avoir de l'esprit en évoquant sa marche horizontale. D'ailleurs, jouir ou jouer, il n'y a finalement qu'une petite lettre de différence ...
Seulement, voilà, plus on grandit et plus les rêves rapetissent.
Grâce à son talent, Virginie Stevenoot entretient l'illusion. Qui est réellement son personnage ? Marilyn est là sous nos yeux, évoquant son existence pour devenir de plus en plus réelle et quand la comédienne précisera : " Marie, c'est l'autre, moi je m'appelle Marilyn " elle nous a tellement touchés que sans hésiter, on décide de la croire.

S.A.
theatrauteurs.




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photo : Hugues Marcouyau.

" Ma colocataire est encore une garce " de Fabrice BLIND, Michel DELGADO et Nelly MARRE , Mise en scène : Anne ROUMANOFF.
au Palais des Glaces : 37 rue du fg du Temple 75010 Paris. (M° République)
Tél. 01 42 02 27 17


Que peut donc faire un télescope dans un salon, surtout s'il n'est pas braqué en direction du ciel ? Etrange ... Il semble pourtant que la belle Sasha soit une experte en utilisation télescopique. Elle a le coup de main, l'oeil et le bon !
Arrivée inopinée d'un beauf qui déclare être le propriétaire des lieux pour en revendiquer la restitution puisque le bail arrive pile-poil à expiration.
Confusion de dates (en apparence du moins). Pas folle la guêpe, Sasha voyant bien que le visiteur est sensible à son charme va essayer de récupérer la situation en faisant notamment passer Luigi (son petit ami) pour son frère et parviendra même a éloigner l'importun pour une durée qui s'avérera plus courte que prévu.
Tous les ressorts de la comédie boulevardière fonctionnent au quart de tour.
Répliques destinées à déclencher l'hilarité du public, retournement de situations, bref chacun joue son numéro avec bonheur mettant les spectateurs en joie.
C'est sympathique et même si on ne risque pas une hernie au cerveau, on passe sur place un moment agréable. A voir pour le simple plaisir, ce qui en ces temps moroses constitue une perspective à ne pas négliger.

S.A.
theatrauteurs.






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" En attendant le vote des bêtes sauvages " Opéra-Théâtre d'après le roman d'Ahmadou Kourouma publié aux Editions du Seuil.
Adaptation et mise en scène : Sugeeta Fribourg - Musique d' Alain Huteau.


Théâtre Silvia Monfort : 106 rue Brancion 75015 Paris (M° Porte de Vanves)
Tél. 01 56 08 33 88


L' Afrique au coeur de notre Histoire, à la fois lointaine et présente.
N'ayons pas peur de reconnaître que l'homme blanc s'est toujours cru supérieur à ceux à qui il imposait une civilisation extérieure au mépris des croyances et coutumes de ces peuples. Peuplades, rectifieront certains car la diversité créée parfois la division. Nous avons donc apporté ce que nous nommons culture, en une forme d'instruction hiérarchisée à ces êtres nus ou presque, leur imposant même notre religion sans nous soucier de leurs croyances initiales qui valaient bien les nôtres.
Ce faisant, nous avons toujours au nom de la Civilisation, dévoyé leurs goûts naturels en les incitant à couvrir leurs corps peinturlurés de vêtements, puis de décorations réelles ou fictives.
Leurs guerriers ont servi dans nos armées et certains sont morts pour des guerres qui n'étaient pas les leurs. Les diplômes, l'éducation militaire ont alors monté à la tête de certains qui, obnubilés par le chemin parcouru ont ensuite tyrannisé leurs frères.
Le texte d' Ahmadou Kourouma nous raconte tout cela et beaucoup plus encore car les racines ethniques ne disparaissent pas aussi facilement.
Musique et lumières (toutes deux particulièrement réussies) sont les deux éléments indispensables à la mise en valeur du texte et les situations font mouche.
Nous sommes ici à mi-chemin entre le conte humoristique et la chronique.
Koyaga ressemble à beaucoup de dictateurs africains dont la formation a eu lieu en Europe. Autre figure remarquable du spectacle, cette femme éternellement belle et jeune mais qui se déplace cassée en deux, en laquelle on peut voir une allégorie de l' Afrique éternelle ployant sous le joug extérieur qui lui est imposé. Elle restera la mémoire de ce qui fut, l'énergie de ce peuple et Anne Le Coutour a une voix magnifique ! Un autre personnage fera la liaison semblable à ceux qui mus par de bons sentiments et en dépit de racines différentes veulent intercéder. (le comédien aux traits gréco-latins et à la voix européenne est maquillé en noir).
Les choeurs figurent tout à la fois la foule et les bêtes sauvages qui, si besoin est revendiqueraient le droit de vote afin que l'identité des indigènes soit préservée.
Apprenons à respecter le caractère spécifique de l' Afrique, nous prédateurs blancs.
S.A.
theatrauteurs

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