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Je m’appelle Marilyn

le  06/03/2008   au théâtre des Variétés (petite salle), 7 bd Montmartre 75002 Paris (du mercredi au samedi à 21h30 et dimanche à 16h)

Mise en scène de Smaïn avec Virginie Stevenoot écrit par Yonnick Flot




Quelle femme n’a jamais rêvé d’être au moins une fois ou d’incarner rien qu’un jour l’idole féminine dans toute sa splendeur, la fameuse Marilyn Monroe pour ne pas la nommer ? C’est ce que prétend être celle-ci dans sa chambre d’hôpital qui gesticule, pose, déambule et parle comme la célèbre actrice. Faut-il la croire ou bien resté sceptique quand aux dires de cette soi-disant icône du 7ème art qui semble plutôt tendue, assez nerveuse, voire parfois un peu folle ? N’empêche qu’elle nous raconte avec autant de précisions dans les moindres détails que possible sa vie, son enfance, sa mère, son calendrier osé, ses bouts d’essais sans oublier ses premiers succès, ses amours comme ses amants, sa solitude omniprésente, son désir d’enfant impossible, ses caprices ainsi que ses désillusions de vedette. Tous ses souvenirs sont passés en revue, tel une biographie exhaustive qui récapitule ce que l’on connaît déjà d’elle, plus quelques anecdotes de référence plausibles et sans doute vraies. Bref, on n’y croit ferme, d’autant que cette personne a vraiment l’allure, la blondeur, la dégaine, le timbre et les mimiques de l’actrice mythique. Mais le vernis craque petit à petit et le propos dérape peu à peu, laissant apparaître certaines hésitations comme quelques doutes sur la véracité de son existence, une forme d’hystérie sous son calme apparent, et se retrouvant trahie par une voix qui se lâche et devient plus gouailleuse qu’au début. C’est là toute la réussite et la performance de la comédienne Virginie Stevenoot qui affabule de façon très convaincante et s’identifie littéralement à ce personnage, jusqu’à en devenir son double parfait. On se laisse prendre à son sourire cajoleur, à sa coupe de cheveux faussement négligée, à ses battements de cils bien connus, à son célèbre flacon de parfum Chanel n°5 et à son peignoir légendaire qu’elle portait lors de son dernier film, Quelque chose va craquer. Plutôt habituée à des comédies légères dites de boulevard (Dévorez-moi, Tout bascule !, Feu la mère de madame), Virginie Stevenoot prouve ici qu’elle possède une grande maîtrise de son art, et qu’elle est capable d’entrer dans la peau de personnages dramatiques, souvent difficile à interpréter sur scène. Elle y réussit avec brio et passion, allant de la joie à la tristesse et de la bonne humeur au désespoir en un clin d’œil, se laissant emporter par un débordement bien contrôlé entre rires et pleurs, dans cette longue confession avec elle-même, sans jamais souligner le trait, ni grossir le portrait et encore moins trahir la réputation de cette sulfureuse star à la destinée aussi fulgurante. Grâce à une mise en scène sobre et précise (bravo à Smaïn !), on se laisse prendre au jeu de cette comédie dramatique qui révèle autant une grande comédienne qu’un auteur inspiré. En résumé, du grand art dans l’exercice parfois périlleux et rébarbatif du monologue !

C.LB



 
 
 
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